23/03/2010

La visite d'Olivier Papegnies...

 

Comme promis, Olivier est venu parler de son métier dans notre classe.

Il laissera dans nos mémoires le souvenir d'un grand moment de partage.

Nous avons eu l'occasion de découvrir un véritable auteur, sensible et d'une très grande humanité.


Il est venu en toute simplicité partager avec nous sa passion, sa joie de pratiquer son métier.


Jamais il ne s’est mis en avant. Il a laissé les photographies parler pour lui et nous avons assisté à une projection très riche et magnifiquement commentée...

 

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Il nous a aussi fait part ses désillusions...

 

Son investissement dans le métier de photo-journaliste - il n'aime pas l'appellation "photo-reporter", il préfère "artisan" et/ou "ouvrier" de l'image - est resté entier, son désir d'informer est demeuré intact malgré les difficultés et la transformation de ce métier en forme de "nivellement vers le bas"... 

 

Il a choisit son camp.

Il s'est fait le porte-parole des "sans voix".

Il a pu le démontrer par ses images; il est  toujours au plus près de son sujet, le pauvre, l'opprimé, la victime innocente... 


A Tchernobyl, Bophal, au Tibet, à Na-trangh ou dans le détroit du Mé-Kong, il s'est rangé de son côté et il tente de dénoncer l'injustice dont il est victime. 

 

« J’avais l’envie de raconter leur histoire… »

 

L'envie de raconter, de témoigner, c'est ce qui l'anime.


Même s’Il sait que ce n'est pas gagné d’avance, que les images qu'il produit ne trouvent pas forcément et tout de suite l'écho qu'elles méritent - car elles ne montrent pas ce que l’on a spécialement envie de voir - il continue, il va « aux charbons » car il a en l'image une confiance indéfectible. 

 

Il sait qu'un jour, dans un avenir plus ou moins proche, elles finiront par être reconnues pour ce qu'elles sont, elles parleront toutes seules et d'elles-mêmes et l’objectif poursuivi sera atteint, c'est obligé !

 

Ce qu'il nous a bien démontré c'est qu'il fallait y croire, tout le temps, positiver, enfoncer des portes si besoin est pour imposer ses images même si celles-ci dérangent.

 

"Aller aux charbons" c'est aussi une belle expression qu'il a utilisé à plusieurs reprises pour dire qu'il fallait en plus de leur donner naissance, s'occuper de ses images pour les diffuser ou les "imposer" dans les diverses rédactions et que ce travail de post-production était bien peu gratifiant mais il était obligé sinon la "mort" s'ensuivait… 

 

Une certaine solitude donc dans ce métier ou la "salade" doit être vantée pour être vendue !!! 

 

Olivier travaille aussi sur commande. 

Lui reprocherait-on ?  

Il a accepté quelques compromis mais toujours de façon lucide et en gardant sur le sujet "commandé" un regard critique.

Il a appris à prendre de la distance, du recul.

L'alimentaire est obligé, la vie l'impose... 

Il a accepté le compromis mais jamais la compromission. 

En cela il reste fidèle à lui-même et entièrement investit dans sa profession, son sacerdoce ? 

 

"Il n'y a pas de grands ou de petits reportages, il y a Le Reportage"

 

C'est sur cette citation (de celui qui l'a guidé dans le métier) et qu'il s'est plu de rappeler que je terminerai cet article.

 

Que cette citation devienne une devise pour chacun, c'est ce que je souhaite à tous !

 

Merci à toi Olivier.

 

Ton ancien professeur et ami.

 

Samuel

 

 

00:24 Écrit par Samuel Delcroix dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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